Le Temps retrouv?, septi?me et dernier volume d'? la recherche du temps perdu, cl?t magistralement l'œuvre monumentale de Marcel Proust. Dans cette ultime partie, le narrateur accomplit sa qu?te existentielle en d?couvrant que la vraie vie r?side dans ces instants privil?gi?s o? une sensation fortuite ressuscite le pass? dans toute sa fra?cheur originelle. Les salons mondains, th??tres du temps qui corrode les visages et les ?mes, deviennent paradoxalement le lieu de cette r?v?lation salvatrice.
? travers la d?composition progressive du baron de Charlus, la m?tamorphose de Gilberte en m?re de famille ou les ravages de la guerre sur le faubourg Saint-Germain, Proust expose l'implacable travail du temps. Mais ces vanit?s, transfigur?es par l'?criture, acc?dent ? une forme d'?ternit?. Le choc d'un pav? in?gal, le bruit d'une cuill?re, ces d?tails apparemment insignifiants deviennent les cl?s magiques ouvrant les portes du paradis perdu.
Ainsi s'ach?ve - et recommence - cette odyss?e de la m?moire : le narrateur comprend que sa vocation est d'?crire le livre m?me que nous venons de lire. Le Temps retrouv? se r?v?le alors ?tre ? la fois le tombeau et l'acte de naissance de l'œuvre, une cath?drale verbale o? chaque pierre est un instant arrach? au n?ant. Dans ce vertige circulaire, Proust nous offre l'ultime le?on : l'art seul peut triompher de la mort en donnant forme ? l'informe du temps.