Le corps enregistre ce que le langage refuse de dire.
L’odeur devient preuve avant meme que la memoire puisse se defendre.
Par une nuit d’hiver, dans un train, une femme s’apercoit que l’odeur de son animal a change. Avant de s’en separer, elle tente d’en capter et d’en preserver l’odeur ≪ originelle ≫ sous forme de donnee, pour decouvrir que cette odeur a deja bascule hors de toute recuperation. Des lors, la perception olfactive cesse d’etre une sensation privee pour devenir une archive, absorbee par la vitre, le tissu, le souffle et l’air. Le recit oscille entre le langage technique de la gestion des traces et une langue intime du degout, montrant comment les emanations du corps reglent l’attachement, la distance et la responsabilite morale. Incapable de recueillir avant d’enregistrer, la protagoniste se heurte a l’impossibilite de conserver une origine pure. Il ne reste qu’une archive contaminee, qui continue de la juger, et pose des questions de possession, de responsabilite et d’abandon dans un monde ou les corps laissent des traces au-dela de toute intention.
Mots-cles (8)
fiction litteraire experimentale
recit sensoriel
memoire olfactive
archive corporelle
politique feministe du corps
degout et ethique
odeur et identite
corps non dits